Quand on revient d'Ethiopie on a comme un sentiment partagé. D'un côté on a pu voir des tribus aux moeurs très particulières qui surgissent d'un autre age et on a été témoin d'un échantillon de culture humaine en voie de disparition. Même si on désaprouve certains aspects. D'un autre côté on ne peut que constater que la présence de touristes provoque un comportement de la part des tribus qui n'a plus rien à voir avec leurs traditions. Bien conscient qu'un touriste est un photographe, ils veulent être payés. Ils vous harcèlent même pour vous obliger à les prendre en photo.

Certains touristes plongent dans le système et photographient tout ce qui passe sans distinction et organisent de véritables casting. Ceci risque de laisser supposer aux populations qu'elles n'ont plus besoin de faire autre chose que de poser pour avoir de l'argent facile qui termine dans l'alcool ou les kalachnikov.

Pour cette raison il est préférable d'aller voir ces tribus uniquement si on est vraiment très (très) intéressé par les minorités ethniques et pas comme on va au club-med. De toute façon vous attendez pas à un buffet à volonté, le plat national ici est l'injara...et c'est dégeu. En plus pour les atteindre il faut des heeeuuuures de 4X4 sur des pistes poussiéreuses. Et puis vous pourrez pas vous doucher...Vous ne trouverez pas de réparateur pour votre appareil photo qui tombera forcément en panne à cause de la poussière...si on vous le vol pas.


Passé tous ces obstacles si vous souhaitez prendre quelques photos sans trop tomber dans le système décrit plus haut, avec un guide local, il est possible par exemple, de se faire inviter à bivouaquer dans un village et ainsi ne payer que le chef du village. D'une façon générale ne photographier que des personnes qu'on choisit soi-même et pas ceux qui vous harcèlent.

Il y a un grand nombre de tribus dans le sud de l'Ethiopie, en voici deux aux moeurs un peu spéciales.

Les Mursis: Ils s'agit des tribus des femmes à plateau. Soyons clair c'est horrible surtout quand elles enlèvent le plateau. Oui, parce qu'il est ammovible. En fait dés leur adolescences on plante un baton dans leur lèvre inférieure. Puis au fil du temps on replace le bâton par un autre de diamètre plus important, et ansi de suite jusqu'à pouvoir mettre un plateau. La lèvre se comporte comme un élastique autour du plateau.

En fait ce plateau à une signification social: Plus il est grand, plus la dote du futur mari devra être grande (payable en bétail).
Ces populations sont nomades et leurs habitations sont particulièrement simplifiées. Quelques branchages suffisent.

Les Hammars: Ces tribus là se préoccupent énormément de leur apparence aussi bien les femmes que les hommes.

Les femmes ont les cheveux tressés et s'enduisent le corps de beurre et d'ocre. Elles portent de nombreux colliers de coquillages.
Pour les hommes le canon de la beauté se situe au niveau de la coiffure. En effet ils peignent leur cheveux de façon à leur donner la forme d'une sorte de casque. Ceux qui ont été de valeureux guerriers y plantent en plus une plume d'autruche.

Les Hammars ont des coutumes plutôt violentes, notamment lors du rite de passage à l'age adulte des jeunes garçons.
L'épreuve s'appelle le saut de taureaux: On aligne côte à côte une demi-douzaine de taureaux et le jeune garçon doit passer dessus à quatre reprises. S'il réussi il aura le droit de se marier. Jusque là rien de bien méchant.

S'il échoue il sera lapidé par les femmes de la famille et banni. Jusque là rien de dramatique parce que l'épreuve est assez facile et il a toutes les chances de réussir.

Ce qui est beaucoup plus dur c'est qu'avant la cérémonie les soeurs et cousines du garçon doivent se faire fouetter pour prouver leur attachement. Et elles sont volontaires car c'est elles qui viennent supplier les hommes qui manient le fouet (en fait une branche très fine). Et ils ne font pas semblant, les anciens surveillent les opérations pour s'assurer que les coups sont suffisamment violents.

Après la cérémonie les filles ont le dos complètement lasséré et en sang. Elles auront des problèmes pour dormir pendant près de trois semaines.

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Il a bien une ethiopienne qui vous demandera rien pour la photographier, c'est Lucy notre cousine australophitèque vieille de 3 millions d'années. Elle est au musée national à Addis-Abeba. Elle vous demandera rien parce qu'elle est franchement pas en état de demander quoique ce soit et que de toute façon on vous aura pris votre appareil à l'entrée du musée (sauf si on vous l'a déjà volé).

 

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Femme à plateau


Femme à plateau


Femme Hammar


Homme Hammar


Rituel saut de taureaux


Rituel saut de taureaux


Rituel saut de taureaux

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