Delta de l'Orénoque


C'est Christophe Colomb qui a découvert le Vénézuela lors de son 3ème voyage. Il a abordé la côte par l'île de Trinitad et s'est trouvé en face d'une des "bouches" du delta de l'Orénoque. Malgré la puissance de ce fleuve il n'a pas compris qu'il se trouvait devant le continent qu'il cherchait depuis longtemps et a continué son chemin vers la péninsule de Paria. Quelques années plus tard Amerigo Vespucci ne fit pas la même erreur et c'est pourquoi l'Amérique s'appelle...l'Amérique.

Tout ça pour montrer l'importance que le fleuve Orénoque a pris (ou n'a pas pris, c'est comme on voudra) dans l'histoire.

L'unique façon de circuler dans le delta c'est évidemment le bâteau. Donc si vous êtes allergique au bâteau mieux vaut aller ailleurs. Muni de cet ustensile on peut parcourir les centaines de canaux qui découpent les terres en une multitude d'îles recouvertes par la jungle.

Les lieux sont peuplés pas les indiens Waraos. Cela signifie "le peuple des pirogues". Et il porte bien leur nom parce que leur pirogue il la pilote depuis très jeune et qu'il ne peuvent pas s'en passer. D'ailleurs, dans leur langue, l'Orénoque se dit Wara Noko qui se traduit par "ramer, endroit".

Evidemment, l'idéal c'est de naviguer dans une de ces pirogues. Bien sûr, faut pagailler. Mais il faut aussi écopper parce que les termites ont une facheuses tendance à faire des petits trous dans le bois de moriche (une espèce de palmiers). Mais, je vous rassure ça faut flotte très bien. De toute façon si vous savez pas nager, mieux vaut aller ailleurs. Ceux qui savent nager le font avec les piranas. Mais si, contrairement à une croyance répandue, le pirana ne mord pas tout ce qui bouge (regarder je suis entier!). En l'absence de piranas, les caïmans à lunette prennent la relève (bien que je suis moins sûr que la même remarque peut aussi leur être appliquée...).

L'intérêt d'une (ou plusieurs) sortie(s) en pirogue c'est de bénéficier du calme et de pouvoir observer tranquillement l'environnement de l'Orénoque. On peut voir des formations de aras bleus et jaunes, des ibis rouges, des condors et bien d'autres oiseaux plus ou moins bien identifiés. Parfois on aperçoit quelques singes hurleurs (qui portent bien leur nom parce qu'on les entend jusqu'à 7km). On aperçoit aussi, fugitivement, la tête d'un dauphin d'eau douce.
Et puis, coup de super bol, un anaconda ! Les indiens n'en avaient pas vu depuis 10 ans ! Et il était là, enroulé sur un arbuste, juste au bord de l'eau. La pirogue était idéale car elle permettait de s'approcher très près sans aucun risque.

Une sortie de nuit en pirogue pour pêcher le caïman ne se rate pas non plus. Et ici on le pêche...à la main. Les Waraos ont une technique très éprouvée: un homme se poste à l'avant de la pirogue, un autre à l'arrière pour diriger l'embarcation (au milieu 2 ou 3 touristes). L'homme à l'avant bailaye l'eau avec sa lampe frontale pour repérer les petits yeux rouges d'un caïman. La pirogue se dirige alors droit dessus dans le plus grand silence. Si le caïman n'a rien vu venir et qu'il n'a pas plongé, l'homme à l'avant l'attrape et le sort de l'eau.  C'est à ce moment qu'il faut éviter de passer la main devant la gueule du caïman (même un bébé). Une fois que tous le monde l'a vu...le caïman est remis à l'eau.

Les Waraos vivent dans des maisons sur pilotis, appelées carbets, le long des canaux. Le terme "maison" est un peu fort puisqu'il n'y a pas de mur. Juste un toit en feuilles de palmier tenu par une charpente qui elle même tient ...les hamacs. Car ici pas de lit, uniquement des hamacs. Et c'est vrai aussi pour les touristes. Seul différence, les hamacs des touristes sont équipés de moustiquaires, indispensables mais pas forcément un obstacle pour les moustiques qui sont bien plus voraces que les piranas. Donc si vous aimez pas les moustiques...

Autre réjouissance les tarentules et mygales !A quoi on les reconnait ? C'est très simple la tarentule est grise et la mygale noire. Autre moyen de les différencier: si, après une morsure,vous êtes mort, c'était une mygale !

Tout cela peut paraître un peu inquiétant. Il faut se dire que toutes ces bébettes sont bien moins dangeureuses que la faune humaine qui sévit dans les villes vénézueliénnes. Le delta de l'Orénoque est un écrin de nature préservée, le visiter implique des contraintes et d'oublier un peu ses phobies.

La grotte du Guacharo

Les guacharos sont des oiseaux qui vivent dans une grotte. Et cette grotte se trouve à Caripe. Il n'y a que là qu'on les trouve.
S'ils vivent dans une grotte c'est parce qu'ils vivent en permanence dans le noir et ne sortent à l'extérieur qu'une fois la nuit tombée. Donc à ce moment là on se pointe devant la grotte et on voit...rien, ou quelques ombres, puisqu'il fait nuit. Par contre on entend. Car cet oiseau est assez bruyant et ils sont des milliers à sortir en quelques minutes. La grotte peut se visiter pendant la journée. La visite se fait dans le noir, par petits groupes, accompagnés d'un gardien qui tient une faible lampe. Et il ne faut pas croire que pendant le jour ces oiseaux dorment. C'est une véritable cacophonie. Là aussi on ne voit quasiment pas les oiseaux, mais on entend bien leur massive présence.

La péninsule de Paria

En résumé c'est une langue de terre couverte de jungle impénétrable qui délimite d'un côté la mer des Caraïbes et de l'autre l'océan atlantique. Il y a quelques petites villes sur la côte Caraïbes avec des plages très fréquentées par les Vénézuéliens. Certains petits villages, comme Santa Isabel, sont complètement isolés et le seul moyen d'y aller c'est par la mer. Et ici il n'y a pas de port pour accoster. Il faut débarquer tel un Depardieu-Colomb découvrant le nouveau monde (le ralenti en moins).
Les habitudes sur les plages vénézuéliennes sont très différentes des notres. Ne venez pas là pour vous allonger et vous reposer. Car ici la sono est à fond les gamelles et on vient pas pour se reposer mais pour se montrer et danser jusqu'à tard dans la nuit. Donc si vous aimez les décibels...c'est là qu'il faut aller.

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Pirogues


Enfant Warao


Carbet


Village


Chasseur de caïman


Gros plan sur caïman


Tarentule


Guacharo


Santa Isabel

 

 

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